400 000 éclairs volcaniques, une éruption sans précédent 

L’archipel des Tonga se trouve dans le Pacifique sud, proche de l’arc volcanique de Tonga-Kermadec. Le volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’Apai se situe à environ 65 km de l’île-capitale de l’archipel. Le 15 janvier 2022, le volcan est entré en éruption, 400 000 éclairs se sont formés en quelques heures dans le nuage volcanique.

Tout commence le 13 janvier dernier, quand des explosions sous-marines se produisent, suivies de colonnes de cendre. Deux jours après, le magma du volcan se mélange à l’eau salée de l’océan, ce qui entraîne une série d’explosions sur la surface de la mer, suivie d’un tsunami inattendu.

Un phénomène spectaculaire battant tous les records

L’explosion a produit une onde de choc qui est allée jusqu’au Royaume-Uni, parcourant près de 16 000 km. Le son associé a été entendu jusqu’en Nouvelle-Zélande, soit à 2 000 km. Une explosion d’une telle ampleur est rare, elle se produit environ une fois tous les mille ans.

Le panache volcanique a atteint 58 km d’altitude au plus haut, alors que le précédent record, datant de 1991, était de 35 km. Il a percé la 3e couche de l’atmosphère terrestre (sur les cinq). Il a été mesuré 2,5 fois plus fort que toute autre tempête observée.

Il y a eu, à cause des orages volcaniques, 400 000 coups de foudre dans les six heures suivant l’explosion. Au total, ce sont 590 000 coups de foudre qui ont retenti durant trois jours. Plus de la moitié a frappé l’océan ou la surface de la terre, dont 1 300 sur l’île-capitale, généralement touchée par une centaine de coups de foudre par an.

Ce nombre d’éclairs a battu le record mondial de 2018 :  340 000 en une semaine. L’éruption de Hunga Tonga-Hunga Ha’Apai est véritablement sans précédent.
Le scientifique Kristopher Bedka, travaillant dans un centre de recherche de la NASA, explique l’ampleur du phénomène qui est due à la combinaison entre « la chaleur volcanique » et la « quantité d’eau de l’océan ».

Quel phénomène scientifique derrière ces éclairs ?

Pour expliquer cet orage volcanique, il faut comprendre la formation des éclairs. Pendant un orage, se forment des cristaux de glace dans le nuage. Ils grossissent jusqu’à former des grains de grésil, une forme de pluie gelée. Les grains migrent ensuite vers le bas du nuage, c’est la chute du grésil. Avec les mouvements d’air dans le nuage, la chute produit un choc entre les particules des cristaux de glace et du grésil, ce qui les divise.

Les cristaux de glace, qui sont des particules chargées positivement, vont s’assembler vers le haut du nuage. Le grésil, quant à lui, est composé de particules chargées négativement qui vont donc s’assembler vers le bas. La différence entre ces particules produit des décharges à travers le nuage. L’air s’échauffe autour, créant ainsi les éclairs.

Dans le panache volcanique, la formation des particules chargées se produit à la base du volcan, près de la bouche éruptive, et en altitude, entre les particules de cendre, les cristaux de glace et le grésil. Ce sont ces particules qui déclenchent la formation des éclairs. Le nombre d’éclairs pourrait venir du fait qu’il y ait plusieurs points de formation simultanés, mais de nombreuses questions restent sans réponse.

Des dommages matériels et humains suite à l’éruption volcanique

Un tsunami s’est déclenché suite à l’éruption entraînant le chavirement d’un pétrolier, provoquant une marée noire au Pérou. Beaucoup de bateaux ont connu le même sort du fait des mouvements anormaux des vagues.
Tout le long des côtes du Pacifique, des inondations se sont produites, que ce soit en Nouvelle-Zélande, au Japon ou en Californie.

Les plus touchés furent les habitants de l’archipel des Tonga. Ils ont été coupés du monde pendant six jours, au mieux, le tsunami coupant le câble sous-marin reliant les communications avec l’île des Fidji et le reste du monde. Ces dernières n’ont été rétablies que partiellement le 21 janvier.

Selon les Nations unies, 80 % de la population a été touchée. Des villages ont été entièrement détruits sur quelques îles et des habitations fortement endommagées dans l’île principale. Beaucoup ont été  blessées, mais seulement trois victimes ont été décomptées.

Ce phénomène est d’une ampleur exceptionnelle, tant les conséquences matérielles, environnementales et  humaines sont catastrophiques.

Par Marie DIDOUT

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