La face noire des ehpad dévoilée au grand jour

ⒸAlzina

C’est en ce début d’année 2022 que des révélations scandaleuses sur les Ehpad ont éclaté. Nos seniors, au sein de ces établissements, sont en danger, victimes de maltraitances. Ce scandale a vu le jour suite à l’article du journal Le Monde, qui publiait les bonnes feuilles du livre Les Fossoyeurs.

Des maltraitances mises en lumières

L’article du journal, par le biais de l’ouvrage, dénonce des faits choquants et inhumains dans les établissements de santé. Les Fossoyeurs, publié le 26 janvier 2022, dévoile l’enquête qui a été menée par le journaliste Victor Castanet. C’est en s’appuyant sur 3 ans d’investigation et 250 témoignages qu’il accuse le groupe Orpea. Selon ses recherches, nos aînés subissent depuis plusieurs années des mauvais traitements. Par cet ouvrage, il dénonce le grave dysfonctionnement et le modèle industrialisé des Ehpad, mais libère également la parole des soignants et des familles.

Dans les dénonciations il ne s’agit pas de maltraitances physiques mais principalement de maltraitances institutionnalisées. Les résidents sont victimes de rationnement de nourriture et de produits de santé. Certains sont même abandonnés dans leurs excréments ou laissés sans soins pendant des jours. Cela est d’autant plus alarmant étant donné que la plupart des personnes âgées sont dépourvues d’autonomie. 

Un leader mondial coupable de pratiques révoltantes

Orpea, un des leader mondial en matière d’Ehpad et de cliniques de santé, est au centre des accusations. 

Cette chaîne privée est accusée d’être l’auteur principal de ces maltraitances. Le groupe est présent dans 23 pays avec 1 556 établissements, dont 354 Ehpad en France. Ces chiffres et cette renommée sont inquiétants au vu des dénonciations. Effectivement, ces établissements pour personnes âgées prennent en charge les personnes fragiles et en perte d’autonomie ou dépendantes. 

Orpea a mené ces restrictions dans le but d’améliorer la rentabilité de l’entreprise. Pour cela, les soins d’hygiène et la prise en charge médicale sont délaissés. Les repas et les protections hygiéniques sont rationnés avec par exemple un quantum de trois couches par jour et un nombre de toilettes limité. Ainsi, le seul objectif de ce groupe est le rendement et les profits au détriment du bien-être des résidents.

Des faits dénoncés par les médias mais aussi les employés

“J’ai moi-même était confronté au problème et je l’ai moi-même dénoncé“, Christine Mayer, 49 ans et infirmière en soins

Christine Mayer, 49 ans et infirmière en soins généraux au village Landais, témoigne sur ces pratiques qui s’avèrent être courantes mais cachées. Mme Mayer travaille depuis 17 ans dans ce milieu et affirme avoir elle-même observé des maltraitances au cours de ces années. Le rationnement et le quantum de trois couches par jour est un fait réel qu’elle confirme. Une aide-soignante lui aurait indiqué “si ça dépasse pas deux bars on ne la change pas”. Elle nous explique également l’utilisation de “sopalin pour économiser”, “les aide-soignantes sont obligées car sinon il n’y a plus suffisamment de protections”. Ainsi, “elles sont restreintes en produits hygiéniques ».

En outre, Mme Mayer affirme être “tout le temps en sous-effectif ». Elle nous confie une expérience, dans un Ehpad, une après-midi où “il y avait 110 patients, j’étais la seule infirmière et il n’y avait que 3 aides-soignantes“

Les aides-soignantes sont souvent amenées à réaliser “15 toilettes en 1 heure”. Les conditions dans les Ehpad sont dures. Selon elle “il y a trop de travail, ils ne nous donnent pas les moyens de travailler correctement, il faut aller toujours plus vite” alors qu’une de ses directrices “accuse les employés de ne pas être organisés”.

Christine Mayer nous raconte avoir subi une “ rupture de contrat en CDD ” alors qu’elle travaillait en Ehpad. Elle n’a pas été “reconduite” car elle “ ne cautionne pas ce type de traitement” et l’a dénoncé. 

Pour elle, “il est temps que l’on ouvre les yeux sur ce qu’il se passe”.

 Victor Castanet en quelques mots

Victor Castanet est un journaliste et réalisateur. Sa carrière a débuté avec les chaînes d’informations en continue et son rôle de rédacteur pour le JT de canal+. Après plusieurs années, il est devenu journaliste d’investigation indépendant.

Au cours de son enquête, il aurait fait l’objet de pressions et de menaces de la part du groupe privé. Il a même refusé une somme de 15 millions d’euros, proposée en échange de son silence. Suite à la sortie de son livre, il a créé son site “https://www.victorcastanet.com” sur lequel il retrace son parcours. Le site contient également l’ensemble de ses projets et travaux.

Les retours du gouvernement et les répercussions

Suite à ces dénonciations, le directeur général d’Orpea, Yves Le Masne, a été démis de ses fonctions le 29 janvier. Il a été remplacé par Philippe Charrier, président non exécutif du conseil d’administration d’Orpea. Brigitte Bourguignon, ministre déléguée chargée de l’Autonomie des personnes âgées, a également indiqué mardi 1er février qu’une double enquête sur le groupe Orpea était désormais ouverte. Il s’agirait d’une enquête administrative, menée par l’Inspection générale des affaires sociales, et une enquête financière, dirigée par l’Inspection générale des finances. Ce groupe est susceptible de faire l’objet d’une action collective, engagée par l’avocate Mme Sarah Saldmann et les familles des résidents qui porteront plainte simultanément.

Par Marine DA CUNHA

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