« Pandora Papers » : immersion mondiale dans les profondeurs de la fiscalité offshore

ⒸAlzina Marie

Les « Pandora Papers » ou la fuite de près de 12 millions de documents qui révèlent la richesse dissimulée, l’évasion fiscale voire même le blanchiment d’argent de certaines des personnalités les plus riches et les plus puissantes de notre monde.

Ce sont plus de 600 journalistes à travers 117 pays différents qui ont parcouru pendant de longs mois des dossiers provenant de quatorze cabinets spécialisés dans les paradis fiscaux pour en faire la synthèse et les publier à l’automne 2021, plus précisément le 3 octobre. Ces dossiers font état de 24 années d’évasion fiscale étouffées, entre 1996 et 2020.

La plus grande enquête mondiale jamais réalisée

Il s’agit là d’un véritable travail journalistique d’investigation collaboratif mené par le Consortium international des journalistes d’investigation (Washington DC). La fuite des Pandora Papers ne représente pas moins de 6,4 millions de documents, 3 millions d’images, plus d’un million de courriels échangés et un demi-million de feuilles de calcul. Surtout, les Pandora Papers, ce sont des dizaines de milliers de propriétaires de sociétés offshore1 révélés.

Des personnalités publiques aux secrets enfouis

Parmi elles, un nombre conséquent de responsables politiques des quatre coins du monde dont on peut citer certains noms : Tony Blair, l’ancien Premier ministre britannique ; Dominique Strauss-Kahn, l’ancien directeur général du Fonds monétaire international ou encore Ali Bongo, le président gabonais. La création de sociétés offshore par ces personnages étatiques n’est autre qu’une façon obscure et perfide de protéger leurs avoirs face aux aléas politiques.

Des affaires criminelles camouflées

Plus grave encore, cette fuite ne révèle pas seulement un transfert d’argent vil. Effectivement, les sociétés offshore permettent au-delà d’une protection contre les taxes, une protection contre les lois et les juges. Du vendeur d’armes au narcotrafiquant, en passant par le criminel sexuel en fuite ou encore le mafieux italien, ce sont des affaires criminelles à foison qui ont été murées dans le silence.

L’incapacité des autorités dans leur mission de contrôle

L’affaire des Pandora Papers est le dernier scandale en date, venu se greffer à une liste déjà bien élancée. Des « Offshore Leaks » en 2013 aux « Pandora Papers » en 2021, 13 affaires de fuite d’informations relatives aux paradis fiscaux se sont succédées. Cela démontre une incapacité réelle des autorités à garder la main mise sur la face cachée du monde financier, un monde qui détient pourtant 7.900 milliards d’euros d’actifs.

La boîte de Pandore financière

La dénomination de cette polémique n’est autre qu’une référence aux scandales précédents tels que les “Panama Papers” (2016) ou encore les “Paradise Papers” (2017) mais surtout à la mythique boîte de Pandore qui contient, selon la légende, tous les maux de l’humanité. Le vice que représentent de tels paradis fiscaux ne pourra être combattu qu’à travers une entente mondiale suppléée par les efforts des professionnels de l’activité financière, qui laissent avec fausse naïveté, l’histoire se répéter.

1. Les sociétés offshore, maillon essentiel de la chaîne d’évasion fiscale, sont des sociétés enregistrées à l’étranger, dans un pays où le propriétaire n’est pas résident.

Par Louise GOURMAUD

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