La crise des sous-marins : la France bernée par le front anglo-saxon

ⒸYas – Cartooning for Peace

La rentrée politique a été marquée, voire secouée, par un incident diplomatique symboliquement fort entre des pays alliés, et même amis de longue date : la France, l’Australie et les États-Unis.

Le 15 septembre, l’information a retenti dans les médias et dans la presse : l’Australie venait de renoncer de manière brutale et unilatérale à un contrat de plus de 56 milliards d’euros avec la France avec qui elle était en négociation depuis plusieurs années. L’accord était pourtant clair et simple, la France devait livrer une douzaine de sous-marins à l’Australie en échange d’une somme d’argent, rien ici ne semblait pourtant complexe. Outre la perte financière énorme que représente la rupture du contrat et par conséquent la possible suppression d’emplois que beaucoup de responsables politiques ont omis de mentionner, c’est également l’image et la crédibilité de la France qui a été sévèrement entachée sur la scène internationale.

Le coup de grâce de cette affaire diplomatique a sans doute été le fait que l’Australie aille finalement se fournir chez son lointain cousin américain, également membre de la grande famille mondiale anglo-saxonne. L’État australien souhaitait se doter d’une flotte navale robuste et puissante. En effet, ce dernier semble craindre, et sans doute à juste titre, son éloigné mais imposant voisin qu’est la Chine. Cette humiliation française aura sans doute permis à l’ensemble de la communauté internationale de se rappeler que certaines vieilles alliances entre des “cousins éloignés” semble avoir plus de poids qu’une promesse contractuelle faite d’un État à un autre et qu’il est visiblement aisé de revenir sur sa parole, même lorsque celle-ci a été donnée.

Les réactions politiques derrière cette trahison : front commun derrière la France au niveau national et européen

La réponse de l’État français a été aussi fulgurante que fracassante symboliquement, en effet, quelques jours après l’annonce australienne, le Ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian affirme ouvertement sur une radio qu’il y a bien une “crise” conférant donc une dimension publique et politique à la situation. De plus, la classe politique française a unanimement, même si les propositions divergent d’un bord à l’autre, condamné cette “trahison”. Enfin, même si l’Union européenne vient tout récemment d’affirmer que l’incident avec Washington et Canberra est clos, il n’empêche que la Commission européenne et sa présidente Ursula von der Leyen, étaient très mécontentes et ont fermement condamné cette rétractation scandaleuse.

Alors que la communauté internationale tout comme la France se réjouissait de l’arrivée du président Biden à la Maison Blanche et de la reprise de discussions abandonnées par l’ancien président Trump, voilà de quoi donner matière à réfléchir sur les futurs accords commerciaux entre les pays occidentaux. Enfin, cette crise permettra peut-être à nos dirigeants de se rendre compte que l’ancienneté d’une alliance n’est pas gage de loyauté et qu’il est peut-être temps de trouver de nouveaux partenaires commerciaux, des partenaires certes aux relations tendues avec nos amis américains mais comme on vient de le voir, l’amitié entre les États n’est visiblement pas un signe de respect.

Par Mathis HUGUET

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