COVID : La dette publique française en débat !

©Marianne

Qui dit crise sanitaire, dit crise financière. Comme tous les pays, la France n’y échappe pas et la dette publique non plus. De nombreuses voix plaident en faveur de son annulation.

Primo, revenir à la source : la dette publique c’est quoi ? Grosso modo, ce sont les emprunts de l’État. Et comme tout Roméo possède sa Juliette, chaque emprunt possède ses intérêts. Mais contrairement aux particuliers, l’État est tenu au remboursement en une fois ; ce qu’il fait au moyen d’un autre emprunt. Dans le jargon économique, on parle de « rouler la dette ». L’État continue donc de payer la « charge de la dette » : les intérêts actuellement très bas, voire à des taux négatifs. Parmi ses multiples prêteurs on compte des acquéreurs privés, des assurances, des fonds de mutuels et de pension sans oublier les banques notamment la BCE (nldr : Banque centrale européenne) qui détient 20% de la dette publique française (notez bien, cet élément est important pour comprendre la suite).

La crise sanitaire n’a pas été de tout repos pour l’économie. Les mesures prises par le gouvernement ont nécessité des investissements considérables. Entre aides financières, plan de relance économique face à l’augmentation du taux de chômage et la crise de nombreux secteurs, la dette publique française a explosé en 2021. Avec un taux à 120% du PIB début janvier, elle s’élevait à 98% du PIB en 2019 (ce qui représente une hausse non négligeable de 300 milliards d’euros). Cette hausse interpelle notamment au regard du Pacte de stabilité européenne qui stipule que la dette publique d’un État ne doit pas dépasser les 60% de son PIB. En théorie, la ligne rouge est franchie si ce taux atteint 100%.

La polémique: rembourser ou annuler ?

Face à cette hausse, des alternatives ont été évoquées : l’idée d’un possible cantonnement de la dette liée à la pandémie (cette partie est soustraite à la dette publique et doit être remboursée intégralement) et une éventualité d’annulation. La proposition a été émise par 150 économistes de 13 pays européens le 5 février dernier pour appeler les États à annuler la part de la dette détenue par la BCE.

Le débat a immédiatement pris place. D’un côté, les partisans de l’annulation qui craignent des conséquences en matière d’impôts ou de dépenses publiques face au niveau trop élevé de la dette. Ce qui induirait un impossible regain économique pour l’après-crise et compliquerait la transition écologique. Le 1er décembre, le ministre de l’Économie Bruno Le maire a fait entendre que l’État avait exclu la possibilité d’une hausse des impôts. Or, en matière de remboursement de dette publique, il n’y a pas 36 solutions et les principaux mécanismes reposent sur l’impôt, les dépenses publiques et la croissance du PIB.

À l’opposé, une partie des économistes estime que l’éventualité d’une annulation de la dette conduirait à une crise de confiance des investisseurs et à une perte de crédibilité. La France est un pays très convoité par les acquéreurs de dettes en raison de la régularité de remboursement, dû aux taux négatifs des intérêts permettant ainsi de soutenir l’économie. En cas de perte de confiance des investisseurs, ces taux pourraient considérablement augmenter et la dette devenir non « soutenable ».

À l’aube des élections présidentielles de 2022, la dette publique pourrait devenir un enjeu phare des partis politiques pour leur électorat. Reste à savoir quel est le bon choix.

Par Sarah GROS

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