Génération identitaire : tomber pour mieux se relever ?

©P.LOPEZ / AFP

Enchaînant les opérations de défense des frontières, les buzz médiatiques, les banderoles et slogans chocs, l’association politique d’extrême droite a tant bien que mal tenté d’éviter sa dissolution définitive annoncée ce 3 mars par Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur.

Une idéologie radicale assumée

Depuis sa création en 2012, Génération identitaire revendique être un mouvement prônant le patriotisme et la défense des frontières. Pour ses membres, immigration signifie invasion. Ils militent pour la remigration, la promotion des identités locales, régionales et française. Pour ce faire, ils dénoncent une haine anti-blanc, parlent de grand remplacement et n’hésitent pas à souligner les origines étrangères, quand tel est le cas, de terroristes, agresseurs sexuels ou tout autre délinquant faisant la une.

Si, de leur point de vue, l’islam est un véritable danger pour la culture chrétienne européenne, le communautarisme et les comportements sociaux attribués aux populations immigrées leur font aussi tirer la sonnette d’alarme. C’est en tant que lanceurs d’alerte qu’ils veulent répandre l’idée selon laquelle l’immigration est la cause de tous les maux français ; attaques terroristes, séparatisme, crise économique, etc. Cette obsession est illustrée par leur choix de vocabulaire ; entre « racaille » à combattre, « reconquête » à mener et « race blanche » à défendre.

Malgré des tactiques pour contourner cette éventualité depuis huit ans, le groupe a été dissous, selon l’article L. 212-1 du Code de la sécurité intérieure, en Conseil des ministres, ce 8 mars 2021, pour incitation à la haine et propagation des théories qui tendent à justifier et encourager leurs agissements.

Une milice privée bien équipée

Génération identitaire a été caractérisée comme étant un groupe de combat agissant comme une milice privée. L’été, des camps d’entraînement ont lieu lors desquels les recrues sont formées idéologiquement et physiquement. Lors de ces évènements, ils portent des t-shirts bleu royal, floqués d’une citation d’un essayiste politique de l’extrême droite moderne.

« Un homme n’existe et n’a de signification qu’à travers son clan, son peuple, sa cité. » 

Dominique Venner

Grâce à des soutiens économiques, des dons et une boutique en ligne, l’association parvient à bien s’équiper pour ses actions coups de poing. Les grands moyens sont déployés : bateaux, hélicoptères, 4×4 et patrouilles dans les Alpes et les Pyrénées pour bloquer les points de passage de migrants. 

Les membres, plusieurs centaines de militants actifs, sont jeunes et très motivés. Leur communication est bien maîtrisée, au vu des clips et photographies diffusés, en plus des interventions de leur porte-parole Thaïs d’Escufon, notamment sur le plateau de TPMP ; nouvelle arène politique en quête de buzz. 

Certes, leur dissolution est un coup dur, mais les bars dans lesquels ils se rassemblent et leurs cercles de conférence existent toujours. Pour ces fiers représentants de la nouvelle mouvance identitaire d’extrême droite, il s’agit seulement d’une bataille perdue, il n’est pas question d’abandonner leur combat idéologique.

Par Lisa PUIGSERVER

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