HONG-KONG : La démocratie menacée

©The Epoch Times (Manan Vatsyayana/AFP/Getty Images)

Depuis un an, Hong-Kong est touchée par une vague de manifestations violentes qui sont réprimées par le gouvernement chinois. Ce dernier accroît son influence politique et judiciaire sur la région.

«Un pays, deux systèmes » 

La formule employée lors de la rétrocession de Hong-Kong, ancienne colonie britannique, à la Chine en 1997 pourrait bien être obsolète. A l’inverse d’une gouvernance par un régime socialiste, la particularité de la région administrée par la République populaire de Chine permet à la population de vivre sous le système capitaliste. Selon le traité signé en 1984 entre la Chine, le Royaume-Uni et Hong-Kong, la région conserve ses droits et libertés (multipartisme, lois etc) jusqu’en 2047 au minimum. Mais puisque la pratique est souvent loin de la théorie, les antécédents au cours de ces derniers mois suscitent des interrogations. Hong-Kong deviendrait-il le reflet d’un capitalisme superficiel au profit d’un régime autoritaire et communiste ?

La volonté d’intervention de la Chine dans le système juridique, théoriquement indépendant, n’a pas laissé sans voix. L’amendement relatif à la loi d’extradition a ouvert une longue série de manifestations menées par le peuple Hongkongais. Le combat a porté ses fruits puisque le projet a par la suite été retiré. Mais face à l’ampleur des revendications poursuivies, le pouvoir chinois a imposé une nouvelle loi relative à la « Sécurité nationale » adoptée le 30 juin 2020. Elle consiste à réprimer quatre types de crimes dont le terrorisme, le séparatisme, la subversion et la collusion avec les forces extérieures. Jean-Philippe Béja, directeur de recherche de longue date au CNRS s’est exprimé à ce sujet pour la Radio Télévision Belge Francophone (RTBF) « C’est juridiquement la fin de l’indépendance judiciaire. Toutes les lois sur le continent chinois sont extrêmement vagues, extrêmement vastes de telle sorte qu’on peut y mettre à peu près n’importe quoi. C’est d’ailleurs ce qui se passe. »

Le but : éliminer l’opposition

Les militants pro-démocratie mènent un combat pour soutenir un système aux antipodes du régime communiste chinois. Ces revendications ont malheureusement un prix. Joshua Wong, Agnes Chow et Ivan Lam et bien d’autres ont en subi les frais. Figures emblématiques des manifestations de 2019 contre le gouvernement chinois, ils ont plaidé coupable et sont condamnés début décembre à des peines allant de sept à treize mois de prison.

Quatre députés ont également été renvoyés du Parlement sur fond de «menace pour la sécurité nationale» sans bénéficier du droit à une procédure judiciaire. Quinze députés pro-démocratie ont alors démissionné en soutien symbolique. La qualification arbitraire du terme permet par exemple de légitimer un renvoi pour cause de soutien à l’indépendance de Hong-Kong ou encore le refus de reconnaître la souveraineté de l’État chinois.

Les réactions étrangères ne se sont pas fait attendre. Organisations internationales et non gouvernementales dénoncent la répression du pouvoir chinois envers Hong-Kong et la détérioration des libertés fondamentales. L’Union européenne a décidé d’appliquer des sanctions commerciales à la Chine en limitant les exportations d’équipements de surveillance. Tous appellent Pékin à examiner son texte de nouveau.

Par S. GROS

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