« Mignonnes », un film coup de poing sur la sexualisation précoce

©Netflix/BacFilms – L’affiche de Netflix du film (gauche), l’affiche française (droite)

Une jeune fille en tenue bleue fond en larmes sur une scène éclairée. C’est ainsi que démarre le premier long-métrage de Maïmouna Doucouré, récompensé pour sa réalisation au festival Sundance. Néanmoins, suite à sa diffusion sur la plateforme de streaming Netflix, le film est accusé d’être pro-pédophile.

Le film suit la vie de Amy, une jeune fille de 11 ans. L’annonce du second mariage de son père, polygame, va bouleverser son quotidien. Amy fait la connaissance d’Angelica, une autre fille de son âge faisant partie d’une troupe de danse : les Mignonnes. Fascinée par leurs chorégraphies sensuelles, elle se rapproche du groupe pour finalement l’intégrer.

Des parcours de vie forts à une oeuvre puissante 

Ce film au casting diversifié, devant et derrière la caméra, met l’accent sur la détresse d’une jeune fille, dont la structure familiale vole en éclats. Amy est prisonnière d’une culture conservatrice, qui dépeint la femme comme soumise à son homme et pécheresse par nature. Les femmes doivent donc cacher leur corps. Elle doit aussi faire face à de nouvelles attentes : faire comme les autres et se comporter comme une femme. Elle grandit dans un environnement où le corps féminin est très sexualisé. Face à ces injonctions contradictoires, Amy va de plus en plus loin, jusqu’au moment où sa souffrance finit par exploser sur scène. 

“Mignonnes”, cherche à dénoncer la sexualisation précoce des filles, qui prend un nouveau visage à l’ère des réseaux sociaux. La quête de la reconnaissance numérique pousse les héroïnes du film à se dévoiler de plus en plus. Plus généralement, le long-métrage dénonce le patriarcat qui limite les jeunes filles et les femmes à soit être soumises, soit être sexualisées à outrance. 

Vivre de son art en 2020 

Toutefois, “Mignonnes” est accusé de sexualiser les corps des jeunes filles. Cette polémique a démarré aux Etats-Unis à la suite d’une campagne de communication de Netflix. En effet, au lieu de reprendre l’affiche française du film, la plateforme de streaming a présenté une image sur laquelle les héroïnes posent de manière jugée suggestive. 

Netflix s’est excusé mais a annoncé de ne pas retirer le film de son catalogue. Sur les réseaux sociaux, Netflix a fait l’objet d’une campagne de boycott avec le #CancelNetflix. Le procureur du comté de Tyler, au Texas, a porté plainte contre Netflix le 15 septembre pour “pédopornographie”. 
Le film relance le débat sur ce qui peut être montré au cinéma ou non. Ses défenseurs pensent que le cinéma a pour objectif de déranger, de questionner, en s’appuyant sur l’expression audiovisuelle. Pour ses détracteurs, le film reste maladroit, sexualise les actrices et les expose au regard des prédateurs potentiels. En France, le film reçoit en général un plus grand soutien. Roselyn Bachelot, la ministre de la Culture a même annoncé vouloir projeter le film devant les autres ministres au CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée). Selon elle, “Ce film doit pouvoir continuer à être présenté à tous les publics et à nourrir un débat apaisé fondé sur des lectures éclairées de l’œuvre ».

Par I. CARRERE

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