Les migrations européennes à l’heure de la pandémie

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L’Union Européenne (UE), qui avait déjà des difficultés à s’accorder sur sa politique migratoire avant la crise sanitaire doit aujourd’hui s’adapter et proposer des solutions durables afin de résoudre le problème des camps surpeuplés, des attentes interminables pour obtenir des papiers et la répartition des migrants au sein des différents pays de l’UE.   

La politique migratoire de l’Union Européenne   

Les gouvernements qui assurent lutter contre le phénomène ont en réalité peu de prise sur de tels mouvements. La politique européenne de contrôle est pourtant régulièrement redéfinie et réévaluée. Selon la procédure dite de Dublin II, toute demande d’asile doit être examinée dans le premier pays de l’Union Européenne où la personne est entrée. Le 23 septembre 2020, la Commission européenne a présenté son projet de réforme de la gestion de l’asile et de la migration au sein de l’Union. Ce pacte remplacera le règlement de Dublin et se voudrait être un compromis entre les visions, parfois très opposées, des pays membres, avec contrôle et solidarité. Ainsi, un migrant candidat à l’asile sera contrôlé à la frontière extérieure de l’Union. Si sa demande est jugée recevable, il entrera ensuite dans la procédure « classique » d’examen, qui devrait durer douze semaines au maximum. Pour soulager la Grèce, l’Italie ou Malte, cet examen pourrait être mené par un autre Etat membre. Ensuite, les démarches seraient accélérées, tant pour les déboutés, reconduits dans leur pays d’origine, que pour ceux qui obtiennent le statut protecteur, avec des relocalisations mieux gérées au sein de l’UE. La présidente du Rassemblement National, Marine Le Pen, a lancé une campagne contre le nouveau Pacte et considère qu’il provoquera, entre autres, «l’avancée de l’islamisme et des risques terroristes» en France et en Europe. 

La pandémie et les migrations

Depuis mars 2020, la pandémie de la Covid-19 a entrainé une fermeture des frontières et le confinement partiel ou total du monde entier. La libre circulation des personnes a été mise sur le banc des accusés.  Dans le monde, plus de 100 Etats ont fermé leur frontière terrestre, portuaire ou aéroportuaire. Cela a entraîné une réduction drastique des mobilités. Le mois de septembre a été marqué par l’incendie au camp de Moria, le plus grand camp d’Europe, abritant plus de 12 000 personnes migrants sur l’île de Lesbos, en Grèce. Le gouvernement allemand a confirmé que l’Allemagne allait accueillir 1 553 migrants.  En déplacement à Lesbos, le président du Conseil européen, Charles Michel, a appelé l’Europe à « se mobiliser » et à « s’impliquer » pour « s’attaquer sérieusement au défi » des migrations. « Je refuse que l’UE baisse les yeux face à l’immigration » car « les frontières de la Grèce sont les frontières de l’Europe ». La Belgique et la France ont également accepté d’accueillir quelques migrants, quant aux autres pays européens, ils sont restés dans le silence.

La fermeture des frontières internes et externes de l’UE a des conséquences immédiates pour les personnes en situation de migration, en premier lieu, pour celles ayant des besoins de protection internationale. Certains pays ont profité de la Covid-19 pour dérouler des mesures migratoires non permises par le cadre européen et sans établir de lien entre l’immigration et la pandémie. C’est le cas de la Hongrie qui a interdit l’entrée des demandeurs d’asile, les contacts avec les organisations non gouvernementales (ONG) et a suspendu la procédure d’asile. Mais c’est également le cas de la France, qui a suspendu le droit de demander l’asile invoquant l’impossibilité de garantir les conditions sanitaires dans les administrations pertinentes. L’Italie et Malte ont déclaré que leurs ports n’étaient plus sûrs en raison de la pandémie. 

Au-delà de la situation européenne, c’est le système migratoire international lui-même qui est ébranlé par la crise du Covid-19 et le retour des frontières nationales. La fermeture des frontières et ses conséquences en matière migratoire étaient encore de l’ordre du fantasme pour certains et du cauchemar pour d’autres. 

Par E. LIPINSKI

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