LREM : de l’empereur auréolé au prince déchu

©Le Président de la République, Emmanuel Macron — ELIOT BLONDET-POOL/SIPA

Coup de tonnerre pour le parti présidentiel, après une succession de pertes de sièges, c’est aujourd’hui une “marcheuse” fidèle et active, Aurore Bergé, qui quitte la direction du mouvement.

Le parti présidentiel qui jusqu’à très récemment régnait en maître sur le palais Bourbon se retrouve désormais déchu de sa position hégémonique et ne dispose plus de sa majorité à l’Assemblée nationale. Cela s’est certes fait de manière lente mais depuis 2017, de nombreux députés ont quitté le navire pour former un nouveau groupe parlementaire ou encore pour en rejoindre certains déjà existants. 

Cette perte de pouvoir est à analyser et à mettre en lien avec non seulement l’échec des élections municipales mais aussi avec la mince victoire, voire même une consolation des élections sénatoriales.

Il faut croire que les Françaises et les Français ont perdu toute confiance et toute sympathie à l’égard du parti présidentiel compte tenu des faibles résultats des dernières élections. Il y a de fortes chances pour que les mesures prises par le gouvernement depuis le début du quinquennat aient un lien avec cette débâcle électorale.

La liste est longue mais la succession de mesures économiques ayant amené à l’apparition des Gilets Jaunes, le recul de l’âge de la retraite, la fin des régimes spéciaux ont conduit les électeurs à développer un sentiment de “ras-le-bol” envers le pouvoir.

Et pourtant, malgré la contestation, l’économie ne se portait pas si mal que ça, le chômage était en baisse, certes léger mais en baisse tout de même. 

C’est à croire que la malchance suit notre gouvernement puisqu’il a fallu qu’une pandémie mondiale s’abatte sur le pays et jette une nouveau voile de contestation sur l’exécutif.

La gestion de la Covid-19, le coup fatal

La crise du coronavirus a montré à quel point le caractère de force obligatoire des mesures gouvernementales pouvait être facilement remis en question. Dès le début, les décisions prises furent contestées et parfois même non respectées. Le confinement général imposé au printemps 2020 a reçu un accueil des plus froids, le relâchement des vacances d’été fut jugé incompréhensible par nombre de personnes et enfin le nouveau tour de vis de la rentrée a achevé le processus d’incompréhension générale.

Mais en réalité, outre le flou dans lequel se trouvait la population, la crise du coronavirus a surtout montré que le gouvernement avait énormément de mal à faire respecter ses décisions et à les faire appliquer.

Cela s’est illustré notamment à Marseille où il y a eu un refus d’appliquer les mesures prises afin de limiter la propagation du virus.

On peut y voir une relation de cause à effet ; le déclin de LREM peut être l’explication de la perte de crédibilité du gouvernement ou bien la crise de légitimité du gouvernement a entraîné la chute du parti présidentiel.

2022 s’annonce compliquée pour LREM car l’épidémie étant loin d’être terminée selon les spécialistes, les seules chances de victoire aux prochaines présidentielles résident dans l’incapacité de la gauche à s’unir, le sommeil létal de la droite républicaine et la présence au second tour du Rassemblement National.

Il y a donc de fortes chances pour que La République En Marche passe aux prochaines présidentielles, sinon le risque est l’accession au pouvoir d’un parti d’extrême droite ce qui serait dans la continuité du mouvement populiste gagnant, ou même gangrenant l’Europe.

Par M. HUGUET

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