La crise migratoire : le plus grand défi de l’Union Européenne ?

Depuis de nombreuses années, il y a une pression migratoire importante aux frontières de l’Union Européenne (UE). Cela s’inscrit dans un mouvement global d’intensification des migrations s’expliquant à la fois par le changement climatique, les écarts de développement ou encore les conflits à la périphérie de l’Europe.

Toutefois, en 2015, l’Europe s’est retrouvée face à un afflux massif de migrants en situation irrégulière, arrivant sur le territoire. Le nom de crise migratoire a été donné à cet épisode exceptionnel. Aujourd’hui, si le pic migratoire est passé, il est important de voir les mesures qui ont été prises pour gérer cette crise et de faire un état des lieux de la situation actuelle.

Cette crise migratoire trouve ses origines dans plusieurs causes. Tout d’abord, la majorité des migrants proviennent de zones de conflit, il s’agit de migrants cherchant à fuir l’instabilité, la guerre et le terrorisme en Syrie ou encore la guerre en Irak. Ces réfugiés fuyant la guerre et nécessitant une protection internationale viennent dans l’Union Européenne (UE) afin de demander et d’obtenir l’asile. Il incombe aux États membres de l’UE d’examiner les demandes d’asile et d’accorder ou non la protection au demandeur.

De plus, les migrants viennent en Europe dans des conditions précaires. Les naufrages sont importants et beaucoup de personnes perdent la vie en mer en essayant de rejoindre l’Europe. Dans un rapport réalisé par l’Agence des Nations Unis pour les réfugiés (HCR), il est constaté une baisse de 74 % du nombre des arrivées de réfugiés et de migrants en Europe au premier trimestre de l’année 2018 comparé à 2017. Toutefois, les dangers auxquels sont confrontés les réfugiés et les migrants lors de traversées depuis la Libye vers l’Italie ont augmenté. Ce voyage vers l’Italie est de plus en plus périlleux, le taux de mortalité étant de 1 pour 14 personnes dans les trois premiers mois de 2018 alors qu’il était de 1 pour 29 personnes concernant la même période en 2017. 

Une Europe qui cherche des solutions

Alors que faire ? En 2015, la Commission européenne a présenté un agenda européen en matière de migration contenant des mesures immédiates pour faire face à la crise migratoire en Europe et des actions à mettre en place au cours des prochaines années afin de gérer efficacement les migrations dans l’ensemble de leurs aspects. Concernant les pistes envisagées pour l’avenir, elles se présentent sous la forme de quatre piliers : « Réduire les incitations à la migration irrégulière », « Sauver des vies et assurer la sécurité des frontières extérieures », « Une politique forte en matière d’asile » et le dernier pilier consiste en « Une nouvelle politique de migration régulière ». Il s’agit aujourd’hui, en 2019, de réaliser un bilan de la gestion des flux migratoires par l’Union européenne sur la base de ces quatre piliers.

Pour le premier pilier, l’accent est mis sur la lutte contre les organisations criminelles de passeurs et les réseaux de traite. Cette lutte a encore été renforcée. Désormais, la lutte contre le trafic de migrants est devenue l’une des priorités d’Europol qui apporte sa contribution aux enquêtes internationales, en fournissant notamment une assistance technique, une analyse et des renseignements criminels et joue également un rôle de coordination.

Autre mesure-phare la création de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes pour aider les États membres à protéger les frontières extérieures de l’UE. En septembre 2018, la Commission a proposé de renforcer le corps européen de garde-frontières et de garde-côtes et de doter l’Agence d’un corps permanent de 10 000 garde-frontières afin que les États membres puissent à tout moment bénéficier pleinement du soutien opérationnel de l’UE. Pour éviter les lacunes, les États membres doivent également veiller à un déploiement suffisant d’experts et d’équipements auprès de l’Agence.

Une Europe qui doit encore se perfectionner

Mais l’un des principaux enseignements de la crise migratoire est la nécessité de réviser les règles de l’UE en matière d’asile et de mettre en place un régime équitable et adapté à l’objectif poursuivi permettant de gérer toute augmentation future de la pression migratoire. La crise migratoire en Europe est aujourd’hui terminée, toutefois, au vu des changements climatiques, des zones de tension en Afrique, nous ne pouvons affirmer qu’il n’y aura plus de crise migratoire telle que celle de 2015. De plus l’Espagne fait actuellement face à une pression migratoire importante, ainsi la migration continue et continuera d’être un sujet important. 

La Commission Juncker a présenté toutes les propositions nécessaires et soutient fermement une approche progressive pour faire avancer chaque proposition. Toutefois cette réforme de l’asile est un échec pour le moment, lors du Conseil « Justice et affaires intérieures » qui s’est tenu le 7 et 8 mars 2019, les ministres de l’Intérieur de l’UE ne sont pas parvenus à une refonte de la politique migratoire. Un paquet législatif a été proposé visant à réformer le système d’asile européen, parmi les sept propositions, les États membres de l’UE ne sont pas parvenus à s’entendre sur les deux propositions phares, à savoir, l’harmonisation des procédures d’asile, et la question des quotas de réfugiés. Les propositions de la Commission se sont heurtées à une vive opposition de la part du groupe Visegrad. La réforme du droit d’asile n’est donc pas pour maintenant.

Par M.Castello

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