La déferlante : Art du surf à Bordeaux

©CDN Newsappi

Le surf, et le style de vie qu’il représente, inspirent les artistes avec des couleurs, des formes et des supports extrêmement libres. Ce sport de l’esthétisme est le plus prisé en photographie : la compétition, les exploits, les figures et la culture du surf inspirent énormément et ce depuis les années 50. Depuis le mois de juin et jusqu’au 5 janvier 2020 le musée d’Aquitaine de Bordeaux accueille l’exposition « La déferlante surf », un voyage haut en couleur dans l’ambiance ensoleillée des plages et des vagues transformées en terrain de jeu et d’expression.  

L’exposition « La déferlante surf », très colorée, retrace le long des couloirs turquoises l’ambiance du monde du surf : un mélange d’art épuré, de bohème et de coraux blancs dans une ambiance captivante de liberté. 

Une immersion totale dans la surf way of life

À peine entame-t-on sa marche dans les couloirs que l’on se retrouve sous une vague de bois clair, un tube grandeur réelle, et alors seulement on commence à se rendre compte des hauts parleurs qui diffusent des bruits de vagues s’écrasant sur le sable. Commence alors  un voyage au coeur de la culture du surf, une déambulation dans les couloirs bleus au milieu d’une multitude de supports artistiques : des poèmes, des affiches colorées, des objets du paradis polynésien exposés dans des cages de verre, des tortues empaillées, des photos, des films rétros, des sculptures et des colliers. 

L’exposition ravira les férus de la vague tout aussi bien que les artistes. Si l’ambiance rappelle constamment le mode de vie bohème du surf naissant sur les côtes polynésiennes dans les années 1950, les supports artistiques sont aussi variés, colorés et extravagants. Le spectateur se plonge immédiatement dans une ambiance d’humilité, dans l’art d’un style de vie. Plus que de simples objets et photographies, c’est l’histoire du surf qui se raconte elle-même : une histoire de patience, de liberté, d’humilité et de persévérance, avec bien sûr un clin d’oeil écologique aux hommes qui vivent en symbiose avec la mer. 

On s’immerge donc dans un monde où l’art s’inspire du mouvement continuel des vagues et de l’attente des surfeurs, des corps souriants en bikinis colorés et des planches de deux mètres de long qui se dressent sur le sable. 

L’art de la récup’ n’est pas en reste : des sculptures de déchets soudés saluent les visiteurs. Tout cela montre que l’art qui s’inspire de l’esprit du surf est très varié et très libre. La seule règle c’est qu’il n’y en a pas ! 

La photographie reste tout de même le support dominant de l’exposition, à une époque où le surf était un sport d’esthétisme plutôt que de performance. On observe des corps qui dansent sur les vagues, dans des positions travaillées et qui ondulent sur de vieilles planches. La culture du corps et de son esthétisme est très présente. 

Sur une touche nostalgique, l’exposition se termine avec deux vers d’un poète anonyme Grec qui relativise les oeuvres colorées de l’exposition et rappelant l’inconstance de l’art face à l’éternité de la mer et la finalité des êtres qui croient la posséder : « Que sont les hommes et les siècles pour la mer ? Le ressac vient qui les étreint et les emporte ». 

Tom Carroll, un regard différent 

Vers la fin de l’exposition, une salle entière est dédiée à l’artiste Australien, Tom Carroll, surfeur professionnel né en 1961 et titulaire de plusieurs titres mondiaux. Son exposition internationale s’arrête quelque temps à Bordeaux pour nous faire profiter de son art : la photographie. Mais pas n’importe laquelle : à la différence des photos de surfeurs en action, la section de son oeuvre exposée au musée d’Aquitaine présente un point de vue bien particulier : le surfeur dans sa folie et la compétition à travers les spectateurs, à travers le « staff ». 

Sur la vingtaine de clichés exposés Tom Carroll offre  des portraits très crus et vifs de surfeurs dans leur vie quotidienne, de coach sportifs préparant les stratégies de plan d’eau, et surtout de l’extravagance et de l’excitation des foules. 

On se retrouve submergé au milieu des plages bondées, au milieu des spectateurs, des cris, des maillots de bain, des sourires et de l’engouement des fans du surf qui font autant vivre la compétition que les athlètes. Ce sont donc des clichés hors normes que nous présente l’artiste Tom Carroll, des clichés qui s’intéressent bien plus à l’esprit du surf qu’aux performances purement techniques : c’est un réel voyage au centre de la foule qui rappelle le soleil en ces mois tristes d’hiver.

Par J. BLOCH-ROUDAUT

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