Big Gregos is watching you

Il a collé plus de 1500 fois son visage sur les murs des plus grandes villes du monde. Ce faciès, c’est celui de Grégory. À 42 ans, le street artiste français façonne et plâtre son visage de caractère sur les murs, lui qui a pourtant commencé par le dessin et le graffiti. Portrait d’un homme aux mille portraits.

La tête sur les épaules et sur les murs

Se caractérisant de solitaire, d’imprévisible et d’obstiné, Gregory, de son nom d’artiste « Gregos », se souvient bien de son premier masque, c’était à Pigalle en 2006. L’expression ? un tirage de langue qui avait pour vocation de dissuader les jeunes qui squattaient devant chez lui parce qu’ils faisaient du bruit. C’était également un petit coucou à son enfance, il raconte que petit à chaque photo qu’il faisait il tirait la langue, cela en était même un jeu avec sa mère. 

Aujourd’hui, petit est devenu géant, l’originaire de la banlieue nord parisienne (Gonesse) en est à plus de 1.500 têtes disposées un peu partout à travers le globe. Paris, Bordeaux, Berlin, Tokyo, Londres, Genève, Athènes… Toutes portent l’expression de la tête du sculpteur.

Réalisé avec de l’alginate (de la poudre domestique utilisé par les dentistes pour les empreintes dentaires), et du plâtre polyester, il met le tout dans un moule en silicone représentant des répliques d’humeurs de son visage.

Depuis 2010, il crée une expression différente chaque année, certaines souriantes, d’autres stoïques. Quand je lui demande pourquoi mettre son visage, il me répond avec sarcasme que « son visage est disponible » et poursuit « mettre la tronche d’un autre serait comme signer avec un autre nom que le mien sur mes chèques de banques ». 

« J’agis la nuit pour sa tranquillité et ses couleurs »

Un sac de plusieurs dizaines de kilos sur le dos et le voilà, marchant dans l’obscurité à la recherche de sa proie, une rue, un mur, prêt à disposer son visage de 800 grammes adhérent parfaitement avec un simple pistolet à colle. La plupart des lieux sont choisis au hasard ou en fonction des couleurs et teintes des visages qu’il a peint.

Bien souvent seul lors de cette démarche artistique, il s’est fait surprendre une fois en plein jour lors d’un contrôle de police près de la place Clichy à Paris « ils m’ont demandé ce que j’allais coller, je leur ai montré, et m’ont autorisé à le faire » dit-il, encore surpris.

A Bordeaux, son passage fut léger « un court séjour familial en 2016 si mes souvenirs sont bons », mais il y laissera quelques figures disposées dans certains grands passages de la capitale Gironde, « c’est une belle ville, une ville importante à investir artistiquement ». Levez donc la tête, Gregos is watching you. 

Aujourd’hui l’artiste est à Paris et s’occupe de son fils, sa première source d’inspiration, et prépare une exposition au musée de Rambouillet (78) qui se déroulera en Mars prochain. 

Il finira notre entretien par une citation de Paulo Coelho « Quand on veut une chose, tout l’univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve ». 

Par A. BOUCHER

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